vendredi 22 octobre 2010

17 Mars 2010 : de Hota à Shirahama via Tateyama

17/03/2010 : nous nous réveillerons assez tôt le matin pour prendre notre train. Le trajet durera environs 2h20 en comptant deux changements pour arriver à Hota (保田), notre première étape.


I- De Shinmatsudo à Hota : déjeunez à Banya


Trajet : A partir de la gare shinmatsudo (新松戸), prendre la ligne musashinnosen (武蔵野線).  Descendre à la gare de nishifunabashi (西船橋) pour prendre la sobusen (総武線). Changer ensuite de ligne pour la uchibousen (内房線) à Chiba (千葉). Descendre ensuite à la gare de Hota (保田)...


 
Cliquez sur la carte
A HOTA 保田... 




# Déjeunez à Banya  

Il faut environ 15, 20 minutes (1 km) pour arriver à Banya, un restaurant de sushis, sashimis, etc réputé au Japon. 
Si je n'ai pas pris de photos de l'établissement, les photos et articles d'internautes vous en donneront un petit aperçu : ICI.
Je profiterai de l'occasion pour commander une des spécialités de la région le namero (équivalent en poisson du steak tartare, préparé avec de l'aji - l'accompagnement étant à base de miso, d'oignons, etc...) : 


Et nous prendrons un "classique", l'assortiment de sushis avec ses accompagnements (misoshiru, tsukemono) :


Le namero fut un peu décevant car sans goût particulier, mais les sushis, très frais, furent vraiment délicieux.

Après le repas, nous nous dirigerons vers tateyama pour prendre un bus longeant la côte fleurie de colza avant d'aller à Shirahama, la plage blanche, s'enregistrer pour une nuitée et visiter le phare français....


II- De Hota à Tateyama : arrêt à Flower Park

Trajet : de la gare de Hota prendre la ligne uchibosen et descendre à Tateyama (20 mn), prendre le bus de la ligne Tateyama - awashirahama.(25mn). Il arrive selon le temps que le bus s'arrête à l'arrêt flower park et qu'il faille prendre un autre bus.

# Flower park - le parc floral de shirahama 
Réputé au Japon, ce parc floral est entouré de massifs et bordé par la mer et constitué de plusieurs champs de fleurs en extérieur et de plantes tropicales en serres. Des espaces pour le barbecue semblent exister.

[site du parc floral japonais - site touristique en anglais]




Manquant de temps pour visiter le parc, nous nous promènerons au bords de la mer en attendant le bus suivant.



A la rencontre d'un temple shinto caché (jinja)...


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Nuitée :



Une fois à Shirahama (awashirahama - 安房白浜), nous procéderons à l'enregistrement au "Blue sky Shirahama" : le propriétaire, sympathique, louait quelques appartements complets (une grande chambre, wc, douche, cuisine séparée, TV, internet et vélos à disposition) à la nuitée pour un prix vraiment bon marché (environ 3000 Y). 
A l'enregistrement nous recevrons la clé pour l'utiliser à notre convenance, à charge pour nous de la replacer dans la boite aux lettres du propriétaire en repartant. Réservation sur internet possible.






Nous visiterons la Ville, le phare avant de prendre quelques plats cuisinés au supermarché au retour, dont une vrai découverte pour moi, les "yakisoba UFO".

samedi 16 octobre 2010

Voyage dans la péninsule de Bôsô (bôsô hanto)

Ces articles qui suivent seront un digest des anciens articles publiés entre le 16 octobre et 07 novembre 2010. J'effectuais avec mon ex un voyage dans la péninsule de Bôsô (située dans la préfecture de Chiba, là où vivaient ses parents). C'est un endroit proche de Tokyo, très agréable par sa nature et tranquillité.
La péninsule de Bôsô semble être une destination réputée pour le tourisme intérieur et bénéficie d'une certaine exposition médiatique à la télévision japonaise (cela se comprend pour les chaines situées à Tokyo : la péninsule n'est pas à plus de deux heures de la capitale).
Commençons d'abord par un peu de géographie : la péninsule de Bôsô forme avec la péninsule de Miura (à gauche de la carte) la baie de Tokyo.


Elle est située dans la préfecture de Chiba, contiguë à Tokyo. 


Y accéder à partir de Tokyo n'est pas si aisé que cela quand on n'a pas de voiture, mais la durée du trajet ne dépasse pas deux, voir trois heures en transports en commun, selon le lieu (trains et bus, changements compris).  La destination reste donc accessible et envisageable si l'on souhaite s'écarter des sentiers battus de l'urbain tokyoïte.



lundi 14 juin 2010

Kita no kuni kara, du pays du nord


北の国から - Kita no kuni kara - Du pays du nord - est sans doute la fiction possédant la plus grande longévité à la télévision japonaise.

Elle se compose d'une série diffusée en 1981-1982 et d'épisodes spéciaux (un tous les 3 ans environs) entre 1983 et 2002. Tout au long de sa diffusion elle aura vu grandir et vieillir ses acteurs, lesquels deviendront grâce à celle-ci des icônes sacrées du petit écran pour plusieurs générations.

Qui en effet - fréquentant des japonais trentenaires - n'a pas entendu au cours d'une conversation parler de Jun, de sa sœur Hotaru et de leur père Goro?

L'histoire, le "pitch" dirions nous aujourd'hui, est assez simple :

Goro Kuroita (Kunie Tanaka) se sépare de son épouse tokyoïte infidèle, et retourne à Furano, le pays natal, avec  ses enfants, Jun (Hidetaka Yoshioka) et Hotaru (Tomoko Nakajima) .

Le retour à  Furano, situé à Hokkaidô, dernière frontière vers le nord (proche de la Russie), est l'occasion pour lui de recommencer une nouvelle vie certes plus frugale mais loin des dangers de la vie citadine. Il repartira de zéro en construisant de ses mains sa maison, y amenant l'eau courante, l'électricité, etc... et en essayant d'apporter à ses enfants certaines valeurs.

Le ton de cette fiction n'est pas surchargé et évite le pathos - grande tentation des séries japonaises. La réalisation est simple afin de servir l'histoire. Certaines scènes, tel que la découverte de l'infidélité, sont bien présentées, indirectes et toutes en retenue, l'émotion passant au travers du jeu des acteurs.

Au fur et à mesure des épisodes, elle s'interroge sur la nature de nos sociétés modernes (tel que l'avidité que sous-entend l'utilisation de fertilisants pour une production agricole importante, la tendance au gaspillage de choses qui pourraient nous êtres encore utile...) et les valeurs que l'on y apporte au travers de l'opposition ville et campagne.

Mais si la fiction écrite par le scénariste star Kuramoto Sô penche vers la campagne, l'expérience de la nature pouvant nous enseigner le vrai, elle n'est pas pour autant idéalisée et peut se montrer dangereuse et cruelle.

Le succès de kita no kuni kara ne s'est jamais démenti jusqu'à présent : la série a mis en lumière une ville qui a bénéficié de sa popularité ("la maison" de kita no kuni kara peut être visitée). et ses acteurs ont poursuivi pour la plus part des carrières intéressantes comme Hidetaka Yoshioka dans Always sanchôme* et Tomoko Nakajima dans le film - superbe ovni - mirai  no omoide.

A noter l'apparition dans certains épisodes spéciaux, la présence de grands acteurs, comme Chishu Ryû (acteur fétiche d'Ozu Yasujiro).

1981~1982

2002

* film nostalgique sur le Japon d'après guerre...

Détail des épisodes :
- série "renzoku" : 24 épisodes diffusés entre le 09/10/1981 et le 26/03/1982;
-  "Hiver" (24/03/1983)
-  "Été" (27/09/1984)
- "Premier amour" (27/03/1987)
- "Retour au pays" (31/03/1989)
- "Quitter le nid" (22-23/05/1992)
- "Le secret" (09/06/1995)
- "L'époque" (10-11/07/1998)
-  "Testament" (6-7/09/2002)

dimanche 14 février 2010

Tamori Club, pour personnes sophistiquées

Tamori club (タモリ倶楽部) est un programme éclectique d'une petite demi-heure diffusé depuis 1983, une fois par semaine au milieu de la nuit sur le réseau de TV Asahi [1].

Orchestré par le présentateur Tamori [2]. ce programme est sans doute l'un des plus anciens de la télévision japonaise.

L'émission, dont le titre complet est "Tamori Club : for sophisticated people", n'est pas basée sur des thèmes communs précis mais sur l'éclairage particulier apporté à des sujets très divers par des spécialistes ou passionnés  pour des "honnêtes hommes", curieux de tout.

Au titre des des thèmes exposés par des passionnés (fan un peu "maniaques"), nous avons un amateur de maquettes de châteaux forts japonais, un amoureux des trains ou de la photographie des ponts de la rivière Edogawa qui traverse Tokyo, un connaisseur des sources naturelles à Tokyo...

Les spécialistes participant à une de ces émissions présentent les méthodes de construction d'un tunnel sous-terrain pour une autoroute, le passé du vieux Tokyo (les vestiges d'anciens bâtiments ou de rivières couvertes), les bières des microbrasseries...

Le ton est certainement adulte (au regard des émissions sur la découverte de certains alcools en tant que goûteur) et parfois légèrement licencieux (par exemple, une des émissions avait pour sujet "Eros, le magicien", un prestidigitateur amusant qui officie dans un club pour adulte).

***** Déroulement*****

Physiquement, l'émission n'a pas de plateau de télé et tourne souvant en extérieur, parfois dans une salle de réunion des studios. Ce choix de proximité bon enfant est prétexte à une blague récurrente sur les faibles moyens pour tourner l'émission (ce qui ne semble pas réellement le cas).

# Le générique :

Elle démarre avec un générique de déhanchement de fesses sur la musique de "Short Short" par the royal teens.



# L'introduction du programme :

Tamori introduit ensuite le programme en monsieur loyal à l'humour pince sans rire [3] avec la phrase maido onajimi ruru no bangumi, tamori club de gozaimasu (毎度おなじみ流浪の番組、タモリ倶itでございます) qui pourrait être interprétée par "bienvenue [encore une fois sur] ce programme familier et nomade Tamori Club".

Il est ensuite rejoint par 3,4 "stars" du petit écran nippon (plus ou moins réguliers) qui vont présenter le sujet avec lui .


# L'interlude "soramimi" :

L'émission comporte un interlude, "soramimi hour",  coprésenté par Hajime Anzai : les auditeurs envoient des propositions de chansons dont les paroles pourraient ressembler par moment à du japonais (exemple, le fameux "georgia" devient "gyoza"). Les producteurs en choisissent 3 et les mettent en scène de façon amusante et décalée. Tamori décide ensuite si c'est crédible en offrant un produit dérivé de l'émission (tenugui, mimikaki...) 



[1] actuellement (en février 2010) entre 24:20 et 24:50 sur le site de TV Asahi
[2] (Kazuyoshi Morita de son vrai nom - son nom de scène est vraissemblablement une inversion des 2 caractères MORI-TA de son vrai nom)
[3] Dans son style inimitable il introduit également "yonimo kimyona monogatari" , l'équivalent japonais de la 4e dimension/temps X...

dimanche 27 septembre 2009

Les émissions japonaises de variété II


A la suite du premier article concernant les émissions japonaises de variété, penchons nous sur l'ethnocentrisme télévisuel, un aspect assez prégnant du petit écran nippon.

En effet, la télévision est un vecteur formidable de transmission des valeurs. Cet ethnocentrisme s'exprime par une forme de célébration spontanée de la japonéité - quelque soit le genre d'émission - ou par des programmes dont le thème est justement de mettre en valeur les qualités véhiculées par la culture nippone.

I- La célébration spontanée de la japonéité

C'est une tendance peu fréquente, mais régulière, qui peut apparaître à n'importe quel moment dans toute sorte d'émissions. Elle consiste à rappeler la spécificité japonaise et la chance d'être né ici.

Ainsi, le programme "mirai sôzôdô" 未来創造堂 a pour thème le "kodawari" (un critère d'exigence) des personnalités invitées, quelque soit le domaine : cela peut toucher à une passion, une nourriture, un élément concernant sa maison, etc...

Lors de l'une de ces émissions, le présentateur s'écria en mangeant un petit déjeunez à la japonaise pour lequel l'invité possédait un certain degré d'exigence "konna mono taberete nihonjin ni umarete yokatta" (En mangeant cela, on se dit quel bonheur d'être né japonais....). Si cette curieuse expression était là pour montrer le contentement de satisfaction devant la qualité de son repas, elle révèle une forme d'ethnocentrisme diffus de la télévision,  que l'on peut retrouver aux moments les plus inattendus.


II- des thèmes centrés sur la japonéité


L'ethnocentrisme est également un thème porteur pour les émissions de divertissement japonaises:

    未来創造堂 - mirai sôzôdô :

cette émission comporte elle même un interlude, lequel met en lumière un entrepreneur qui le premier a découvert une invention, un procédé nouveau, etc ... utilisé dans le monde ou un artisan qui a su adapter quelque chose au goût japonaise. Elle est sponsorisée par Honda.

    世界を変える100人の日本人!JAPAN☆ALL STARS  - sekai wo kaeru 100 nin no nihonjin! Japan ☆ All Stars :


Littéralement, "les japonais qui changent le monde! Le Japon ☆ toutes les stars". L'émission présente des portraits de japonais qui pour une raison ou une autre ont réussi quelque chose à l'étranger: cela peut-être une actrice japonaise dans une télésérie italienne, un entrepreneur aux Etats-Unis qui a popularisé la sauce teriyaki, chihune sugihara -  un "juste" japonais - .. Intéressante émission, elle reste toutefois un moyen d'idéaliser ceux qui réussissent à l'étranger, tout en sachant rester japonais.



    和風総本家 - wafu sô hon kei :

Littéralement, "le principal du style japonais". Cette émission, par ailleurs excellente,  a pour thème les traditions japonaises au travers de sa gastronomie, son artisanat, ses connaissances anciennes. Elle commence sur une présentation très esthétique de la préparation d'un wagashi (gâteau japonais) avec pour conclusion d'un des narrateurs "nippon tte ii na" (qu'est ce que c'est bien le Japon
!).

lundi 10 août 2009

Les émissions japonaises de variété I

A la suite de l'article "Petite analyse sur la TV japonaise", continuons d'explorer l'univers du petit écran nippon  au travers du traitement particulier que reçoivent les thèmes de la nourriture et du voyage.

I- La nourriture se goûte à la TV


Il n'est pas nécessaire de se trouver dans une émission gastronomique (comme avec les escapades de Jean luc petitrenaud, par exemple) pour savourer un bon petit plat. En effet, les émissions de divertissement (笑ってコラえて!waratte koraete!), de quiz (世界一受けたい授業 sekai ichi uketai jugyô),  documentaires (シルシルミシル - shirushiru mishiru) peuvent soudain présenter un plat en rapport avec l'un des sujets (une spécialité culinaire locale, un nouveau produit....).

Le geinojin (qu'il soit talento, acteur, chanteur...) se devra d'être expressif devant la caméra et de décrire le goût de ce qu'il mange afin d'en faire profiter les spectateurs. Le plat devra être bon - le bonheur gustatif est de rigueur. Derrière il y a souvent la nécessité de ne pas heurter des sensibilités régionales d'où proviennent les produits et peut-être des intérêts économiques, qui sait.

Mais parfois, la star du petit écran ne peut cacher son manque d'entrain devant le produit. Cela lui sera pardonné, surtout avec une bonne petite blague et/ou grimace.

La seule exception au bonheur obligatoire est quand la nourriture vient d'ailleurs: il semble que l'on ai enfin la possibilité d'exprimer le vrai fond de sa pensée - que l'on apprécie ou pas.

Quelques liens vidéos (ici et là)

shirushirumishiru

II- Un grand intérêt pour le voyage, lequel permet la mise en scène du japonais.

Le voyage avec ses à côtés (dont la découverte des spécialités locales ou le séjour au quotidien) fait partie des thèmes les plus porteurs des émissions de divertissement.  Son importance sur le petit écran, comparativement bien plus grande qu'en France, nécessite de s'y attarder.

Le traitement du sujet par contre, diffère selon le lieu de l'émission: le voyage local sera l'occasion de développer une connaissance topographique diffuse  du territoire (les lieux célèbres, les spécialités et usages locaux...) et sans doute de soutenir le tourisme.

Le voyage international cultivera une forme de découverte de la différence, non au travers de la recherche de points communs (dans nos différences, voici ce qui nous rapproche),  mais d'un exotisme irréductible (voici ce qui nous distingue et révèle notre identité - cela rassure).

Le déplacement à l'étranger participe aussi du voyage initiatique, lequel permet de redécouvrir et mettre en exergue les vertus de sa japonéité.

Le programme présenté ci-dessous est révélateur de ce type de traitement.

世界ウルルン滞在記 sekai ururun taizai ki :

Cette émission, d'une grande longévité, s'est finalement arrêtée en 2008. Elle reposait sur le principe suivant: l'envoi d'une personne connue dans un pays étranger pour aller vivre pendant une semaine avec une famille locale et apprendre quelque chose (fabriquer un meuble avec un designer français, faire du chocolat avec un artisan belge, vivre avec une tribu africaine, etc..). Ce programme offrait ainsi l'occasion de découvrir de l'intérieur le quotidien de gens différents et leurs savoirs faire.

Avant la fin de la période, la vedette tentait de mettre en pratique ce qu'elle avait appris, souvent en l'adaptant à sa japonéité (par exemple, lors de l'émission où le geinojin avait appris à faire des confitures avec une confiturière française célèbre - il avait utilisé des umeboshi, prunes salées pour ses confitures). Enfin, pour remercier ses hôtes, elle leur préparait un repas japonais avec des ingrédients apportés de là-bas.





笑ってコラえて!- Waratte koraete :


Emission de divertissement, Waratte koraete, adopte dans le voyage un comportement délibéré plus subtile (rubrique le voyage fléchette - darts no tabi) : tout ce qui dépasse Tokyo est de l'exotisme dont la différence peut susciter l'étonnement et un rire bon enfant. Ainsi, les régions reculées du Japon sont mises au même plan que les pays étrangers: un journaliste et une caméra sont envoyées dans ces "contrées très lointaines" avec l'objectif d'interroger ses habitants "qu'est ce que vous faites, quelle est votre occupation, etc..." ou de les suivre dans leurs activités.



mercredi 8 juillet 2009

Mise en lumière : Lupin le troisième

Arsène Lupin - le gentleman cambrioleur - est un personnage de fiction inventé par l'écrivain Maurice Leblanc (1864-1941). Séducteur mais faillible, hésitant entre aristocratie et plèbe...

Lupin dit le 3e ("lupin san sei"), car petit fils d'Arsène Lupin, est une invention de l'auteur de mangas Kazuhiko Kato sous le pseudonyme de Monkey Punch. Ses aventures furent relatées pour la première fois dans la revue "Manga Action Weekly" entre 1967 et 1969 (94 numéros).

Le succès de la série permis ensuite le développement de ses aventures en animation (TV, AOV, cinéma), notamment dans trois séries télévisées :
- Série 1 de 1971 à 1972 (23 épisodes);
- série 2 de 1977 à 1980 (155 épisodes);
- série 3 de 1984 à 1985 (50 épisodes).

La deuxième série de Lupin le troisième fut partiellement diffusée en France à la télévision sous le titre "Edgard de la cambriole (sic)" ou "Edgard détective voleur (sic)", pour des raisons de droits d'auteur avec les descendants de Maurice Leblanc.

Cette diffusion tronquée (52 épisodes sur les 155 de la série n°2)  et son adaptation (les noms ridicules dont sont affublés certains personnages comme "goemon yakitori", le casting des voix et les expressions utilisées par les personnages) ne rendent pas justice à une excellent série, laquelle constitue un formidable hommage à l'oeuvre de Leblanc.

La première série est sans doute un peu plus proche du manga et un peu plus sérieuse, nostalgique. La seconde semble plus équilibrée. La 3e série est beaucoup moins réussie, avec un côté plus cartoon. Penchons nous un peu plus sur cet univers.
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Lupin le IIIe possède quelques points communs avec son "ancêtre": c'est un voleur qui ne s'en prend qu'aux riches (ou banques bien pourvues), possède une certaine classe et un bon cœur.

Il est par contre un peu moins séducteur que dragueur, et certainement moins doué qu'Arsène dans le domaine. L'univers de Lupin le IIIe possède en fait un soupçon de sensualité qui rajoute un peu de piquant et évite l'infantilisme de certaines séries.

Le héro échoue également dans certaines de ses entreprises de "dépossessions" d'autrui mais fait contre mauvaise fortune bon cœur.

D'autres éléments font un peu penser à James Bond ou Fantomas: il voyage à travers le monde et utilise moult déguisements ou gadgets pour arriver à ses fins tout en faisant face à ses divers ennemis.

L'ambiance qui se dégage de cet univers est servie par la musique extraordinaire d'ÔNO Yûji (son site officiel ici), aux influences jazzy, à (re) découvrir sur youtube.
"super hero":

 

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L'un des éléments de son succès est l'équilibre procuré dans la narration par les personnages récurrents de la série car Lupin n'est pas un héro solitaire (et cela offre la possibilité au spectateur de s'identifier à des personnages bien différents).

Jigen: le garde du corps et ami de toujours, est le tireur d'élite. Chapeau vissé sur le crâne et barbe mal taillée, assez laconique. Il apporte sans doute une couleur américaine de roman noir, assez bluesy.

Goemon: le samouraï japonais, ronin au sabre forgé dans un métal incassable (lequel peut découper toute sorte de métal). Dans la première série il constitue un adversaire (non un ennemi), mais sa position va évoluer à partir de la 2e série. Il constitue un contrepoint moral en réprouvant certaines manières de faire et représente la tradition japonaise. Ce qu'il apporte dans la série est une sorte de nostalgie du passé japonais, assez romanesque.

Fujiko: l'aventurière, voleuse professionnelle et souvent rivale de Lupin. Ses relations avec Lupin, qui l'idolâtre, sont un peu troubles. Une belle femme aux formes généreuses. Elle est passée maître dans l'art du déguisement. Elle apporte une touche féminine et une forme de sensualité, l'éros de  la série (la voix sensuelle est parfaite pour ce rôle).

Zenigata keibu (l'inspecteur Zenigata): "némézis" de Lupin, il lui colle systématiquement aux basques. Au début il travaille pour la police japonaise mais est ensuite affecté à interpol avec la mission exclusive de pourchasser lupin dans le monde entier. Infatigable dans sa traque du voleur, son courage et sa volonté inébranlable compensent son manque de subtilité. Habillé d'un pardessus fatigué. Sa fonction dans la série est de procurer un adversaire tenace mais sympathique de Lupin.

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L'image déformée que véhicule le manga japonais en France et ses déclinaisons animées est en partie due à une traduction ou adaptation laissant parfois désirer. Cet article est un occasion pour partager un coup de coeur sur une oeuvre bien plus intéressante que sa traduction partielle actuelle.

Lupin le troisième est ainsi une oeuvre qui mériterait d'être redécouverte par le biais de la traduction des mangas originaux de Monkey Punch et une nouvelle adaptation de ses déclinaisons animées (je pencherais plutôt sur un sous-titrage de qualité qu'un doublage qui nécessiterait de porter une grande attention aux voix des personnages), notamment la première (non encore traduite) et deuxième série TV. Ces traductions se devraient de respecter les noms originaux.

A noter "le Château de Cagliostro", film d'animation de Hayao Miyazaki sur Lupin III sei. Ce film a été diffusé il y a quelques années dans l'étrange festival et comporte trois versions doublées.