lundi 19 avril 2021
Un siècle de banlieue japonaise de Cécile Asanuma Brice
dimanche 11 avril 2021
Le retour de Godzilla réalisé par Motoyoshi ODA en 1955
Blu-ray 2: deuxième film : "Le retour de Godzilla" (gojira no gyakushû : littéralement "la contre-attaque de Godzilla) réalisé par Motoyoshi ODA en 1955
Un an après le premier Godzilla, la Toho décide de sortir un deuxième film, lequel ne sera pas réalisé par Ishiro Honda mais par Motoyoshi Oda (unique incursion de celui-ci dans ce genre).
Formellement ce film reste assez beau pour l'époque avec la qualité des effets spéciaux apportée par le célèbre Eiji Tsuburaya et est noté comme étant la première œuvre à avoir mis en scène un "versus entre kaïjus", ici Godzilla et Anguirus.
A contrario du premier Godzilla de 1954, la décision est prise de ne pas montrer les mouvements des kaïjus au ralenti, ce qui apportait de la pesanteur pour accentuer l'impression de gigantisme. Cela donne un côté frénétique aux mouvements des monstres pendant leurs combats et en accentue la brutalité.
La musique est également exceptionnellement confiée à un autre compositeur qu'Akira Ifukube, Masaru Satô, qui travaillera plus tard avec Akira Kurozawa. Son univers musical semble moins s'accorder avec ce film que le premier, mais notons une scène assez chouette dans un dancing.
***
À l'issue de la mort du premier Godzilla, ce film à la tâche d'expliquer comment un nouveau Godzilla est apparu.
Bien démuni est alors le monde sans l'oxygene destroyer, arme terrible dont le secret de fabrication a disparu avec son créateur. Il ne reste plus qu'à lutter avec des moyens dérisoires pour tenter de détourner le courroux du monstre de la ville d'Osaka, pour une fois visée.
Prenant modèle sur le premier film, le retour de Godzilla alterne des aspects documentaires, mettant en scène de façon intimiste le côté micro de la vie de plusieurs personnages, et des visuels dantesques où apparaissent les monstres en question.
Cependant, à la différence d'un Honda pacifiste et observateur clinique des ravages que provoquent ces monstres de la nature sur la vie des gens, Motoyoshi Oda met en valeur le courage de personnages tel que les pilotes, le chef de la société de pèches, etc... Et le sacrifice de certains aviateurs, récipiendaire d'un "héroïsme romantique" passé, changeant quelque peu le message du premier film.
Les films de kaïjus se concluent souvent par un sacrifice nécessaire pour vaincre ou neutraliser la bête , et ici il en est de même : l'héroïsme sacrificiel des aviateurs laissant leur place à des "capitaines d'industries" participant d'une forme de résilience et reconstruction du Japon.
"Godzilla : The showa Era Films, 1954-197
Superbe coffret, design magnifique et petit soucis de points de colle pour fixer les blu-rays dans le coffret à l'ouverture (soupir). Mais cela n'affecte pas la lecture. Restauration magnifique et présence de bonus selon les disques.
lundi 22 juin 2020
Chroniques flash de visions anciennes : de mars à mai
Blend S (2017) : une série animée d'humour assez légère en temps de lock-down qui utilise des personnages aux caractères très stéréotypés pour s'en amuser :
My roommate is a cat (dôkyonin ha hiza, tokidoki atama no ue) : cette série de mangas écrite par Minatsuki et dessinée par Asu Futatsuya a fait l'objet d'une première adaptation en 2019 par le studio Zéro-G .
Derrière quelques personnages archétypaux et le pathos inclus "dans le package standard", l’œuvre propose une histoire attachante où un jeune écrivain un peu misanthrope va pouvoir effectuer son deuil et s'ouvrir à son entourage en développant une relation avec la chatte qu'il a recueilli. Le traitement de l'histoire apporte une certaine fraîcheur en mettant en parallèle le point de vue de l'humain et de l'amie à quatre pattes.
mardi 5 mai 2020
Passions juvéniles réalisé par Ko NAKAHIRA (1956)
Passions juvénile aka Juvenile Jungle/crazy fruits aka kurutta kajitsu est un film réalisé par Kon Ichikawa en 1956 pour la Nikkatsu, sur un scénario de l'écrivain Ishihara Shintaro (lauréat du prix Akutagawa), frère de l'acteur IshiharaYujiro, premier rôle du film.
Contexte : Ce DVD (sans aucun sous-titre malheureusement), reçu d'un ami*, fait partie d’une série de films digitalisés en 2012 pour le centenaire de la nikkatsu : une présélection de 100 films aurait été établie, avant d'en garder 10, considérés comme les plus emblématiques.
Synopsis (wiki) : Deux frères sont en compétition pour gagner les faveurs amoureuses d'une jeune femme, durant un été au bord de mer passé à jouer, naviguer et boire...Présenté hors compétition au festival de Cannes la même année, ce film reçu une très bonne réception de François Truffaut, lequel s'attardera sur son montage dans les cahiers du Cinéma.
Juvenile Jungle est typique d'un genre de littérature et du cinéma populaire d'après-guerre nippon qui s'intéresse aux "Taiyôzoku » (littéralement les tribus du soleil), les premières générations qui n’ont pas connu la souffrance silencieuse et le sens du sacrifice des générations précédentes.
Le public japonais est donc intrigué par le profil de ces jeunes qui portent en eux une volonté d’émancipation, de rébellion et un hédonisme, poussant cette jeunesse à braver les conventions sociales, tout en refusant d'endosser la responsabilité d'une certaine moralité… Jusqu'à conduire au drame ?
Ce film met en avant tout un imaginaire occidental qui évoque les kodak colorama ou illustrations d'époques de la vie américaine : des plages, du jet ski ou des voiliers, le culte du corps avec un entrainement dans un jardin, des cocktails et boissons américaines, sans parler de la musique, des chemises hawaïennes, une fête foraine, des bagarres, des jeunes en maillots de bains ; bref une sorte de digest de la culture us' des fifties -notamment Tiki -, en opposition avec une image plus traditionnelle du Japon.
Le réalisateur met en valeur la sensualité des corps et une certaine sauvagerie de la jeunesse, sans doute surprenant pour l'époque, tandis que le jeu des regards révèle des émotions intenses qui frappent les protagonistes de ces passions juvéniles.
Ishihara Yujiro, jeune acteur magnétique et solaire (un peu comme un Alain Delon dans les premières scènes de Sous le soleil, de mémoire), incarne parfaitement cette tendance. et Kitahara Mie, premier rôle féminin, répond avec justesse à la passion dont Eri, son personnage, est l'objet.
Repérage :
- film mentionné dans l'excellent dictionnaire du Cinéma Japonais en 101 réalisateurs - L'âge d'Or 1935- 1975 ;
- compositeur des musiques : Tooru Takemitsu (connu pour de nombreuses compositions de musiques de films entre autre, dont Ran d'Akira Kurosawa).
* le napoléon de Shitamachi se reconnaitra :-)
vendredi 17 avril 2020
Stray Cat : Female Boss réalisé par Yasuharu Hasebe (1970)
Synopsis : Ako, une jeune fille au comportement viril exacerbé pratiquant la motocyclette se lie avec une bande de jeunes marginales conduite par Mei, une demoiselle à la sentimentalité tourmentée formant un triangle amoureux avec un jeune voyou et un boxeur métis. Diverses circonstances amènent tous ces derniers à entrer en conflit avec un gang de petites frappes au service de Yakuzas.
Au final un film qui se laisse agréablement regarder et plaira aux amateurs de genre.
dimanche 8 mars 2020
Film Susume ! Jaguars Tekizen Jôriku (1968)
Alors pour qui ? Pour les amateurs de la pop de l'époque, des group sounds...
A noter la présence de NAKAMURA Akiko (chanteuse, actrice) dans le film :
mardi 18 février 2020
Chroniques flashs de visions anciennes : décembre 2019 et janvier 2020
Donc j'ai visionné une tonne d'animes d'Isekai, surtout, presque tous issus de lights novels japonaises, parfois pas très brillantes... Mais avant tout un mot sur un "thème" souvent fréquent dans certains de ces animes, c'est la figure de l'esclave (dorei) consentant, un phénomène que je ne goûte guère, mais au delà de cela :
Sorcerous Stabber Orphen (la fantasy non isekai) : Je n'ai pas pu dépasser le premier épisode. De la fantasy comme on n'en fait plus, rappelant les années 90, que cela soit au niveau des dialogues, de l'histoire d'exposition, des réactions des personnages et de leur nom, du graphisme de l'animation... Note : F.
How not to summon a Demon Lord : isekai avec un otaku gamer de MMORPG asocial qui se retrouve invoqué dans le monde de son jeu (avec des différences). Se prénommant lui même le roi des démons, il va devoir faire face au vrai roi des démons, dont une prophétie annonce le retour. Quelques touches d'humours dans cet univers où un otaku qui devient littéralement son idéal... Doit affronter les relations humaines... Et se retrouve à devoir endosser "son rôle". Malgré une idée originale pour le pitch, des longueurs et parfois de l'ennui. Encore un peu plus d'efforts et cela aurait été pas mal. Note : C+.
Demon Lord Retry : Le même que ... Mais en moins bien avec plus de longueurs (notamment les périodes de gestions, "farming" de ressources). Ce qui est amusant, c'est l'apparence du héros dans le jeu (celle d'un yakuza des années 80-90). Note : C-.
Cautious Hero : La vraie surprise humoristique du lot, avec un titre à rallonge comme beaucoup d'animes issus de light novels : この勇者が俺TUEEEくせに慎重すぎる, Kono yūsha ga ore tsuē kuse ni shinchō sugiru?, litt. « Ce héros est surpuissant mais beaucoup trop prudent ».
Les dieux invoquent des héros venant de planètes de tout l'univers pour les envoyer lutter contre des démons qui menacent d'autres planètes. Les héros sont propulsés dans des univers de fantasy et ont la capacité de leveler comme dans un role playing game en ligne.
Les problèmes de Ristarte (et les rires des spectateurs), déesse débutante, commencent alors qu'elle invoque un japonais, Seiya Ryuuguin, comme héros alors qu'il est très capable mais incroyable prudent, paranoïaque même, pour accomplir cette quête. Note : B.
The rising of the shield Hero : Sans doute la meilleure découverte des isekai (malgré le bémol de ci-dessus), pour le choix fait par l'auteur de faire suivre un vrai chemin de croix au héros, Naofumi Iwatani, lui en faire baver, lui donner des choix ardus et une vie à la dure, le rendre aigri, soumis à un pouvoir compliqué, pour l'amener aux portes de ce qui forme et constitue un héros.
Naofumi Iwatani a été invoqué dans un monde parallèle avec trois autres personnes originaires de Japons parallèles pour devenir les héros de ce monde. Chacun des héros était équipé de son propre équipement légendaire lors de leur invocation. Naofumi a reçu le « Bouclier légendaire », le seul équipement défensif, tandis que les autres ont reçu des armes offensives.
Par manque de charisme, d'expérience de ce nouveau monde, il est victime d'une machination et trahi.
Chassé par tout le monde, du roi aux paysans, les pensées de Naofumi ne sont alors plus remplies que de vengeance et de haine. Ainsi commence son périple dans ce monde parallèle où il devra progresser seul…
Héros amer et sur le fil du rasoir par moment, il se fera quelques compagnons dont Raphtalia, qui sera pour Naofumi son épée tandis qu'il portera de le bouclier. Leurs relations évolueront en profondeur.
The Rising of the shield hero, c'est aussi une série sur l'histoire de la réhabilitation d'un héros, sur sa lutte contre son amertume et ses sentiments négatifs...
Note : B+, en attendant de voir comment évoluera l'univers.
Goblin Slayer est un light novel, un manga et un anime de fantasy classique, inspiré des jeux de rôles (principalement en ligne) avec une proposition scénaristique intéressante. Le héros est un humain totalement obsédé par la destruction des goblins, traditionnellement du menu fretin, mais très dangereux lorsqu'ils sont présents en masse et mortels tant pour les aventuriers débutants que les villages sans défenses.
J'ai commencé ma découverte de l'oeuvre par le manga qui réussit avec brio, avec le jeu du noir et blanc, du traitement de la lumière dans des milieux confinés, à reproduire la tension, le sentiment d'oppression et l'effroi que devraient ressentir ceux qui sont face à ces créatures qui pullulent dans les tunnels ou ailleurs.
L'apparence du héros suscite d'abord un sentiment d'étrangeté et de suspension de crédulité du lecteur en étant toujours engoncé dans son armure avec pour argument qu'il faut toujours se tenir prêt, même quand il vient en ville à la guilde des aventuriers chercher une quête en rapport avec les peaux vertes.
C'est que quelque part son obsession devient cette armure. Si bien qu'au cours de l'histoire, lorsqu'il viendra à visage découvert chercher une nouvelle armure pour remplacer l'ancienne, bien peu seront capable de le reconnaître,ainsi du lecteur qui ne verra pas son visage avant un de longs épisodes - moment où il laissera apparaître l'homme derrière son obsession.
L'anime est sans doute un cran en dessous du manga quant à la retranscription de ces combats, de la psychologie des personnages et des enjeux de l'histoire même s'il ne démérite pas un regard.
Pour l'instant : Manga A ; Anime B+



























