lundi 10 août 2009

Les émissions japonaises de variété I

A la suite de l'article "Petite analyse sur la TV japonaise", continuons d'explorer l'univers du petit écran nippon  au travers du traitement particulier que reçoivent les thèmes de la nourriture et du voyage.

I- La nourriture se goûte à la TV


Il n'est pas nécessaire de se trouver dans une émission gastronomique (comme avec les escapades de Jean luc petitrenaud, par exemple) pour savourer un bon petit plat. En effet, les émissions de divertissement (笑ってコラえて!waratte koraete!), de quiz (世界一受けたい授業 sekai ichi uketai jugyô),  documentaires (シルシルミシル - shirushiru mishiru) peuvent soudain présenter un plat en rapport avec l'un des sujets (une spécialité culinaire locale, un nouveau produit....).

Le geinojin (qu'il soit talento, acteur, chanteur...) se devra d'être expressif devant la caméra et de décrire le goût de ce qu'il mange afin d'en faire profiter les spectateurs. Le plat devra être bon - le bonheur gustatif est de rigueur. Derrière il y a souvent la nécessité de ne pas heurter des sensibilités régionales d'où proviennent les produits et peut-être des intérêts économiques, qui sait.

Mais parfois, la star du petit écran ne peut cacher son manque d'entrain devant le produit. Cela lui sera pardonné, surtout avec une bonne petite blague et/ou grimace.

La seule exception au bonheur obligatoire est quand la nourriture vient d'ailleurs: il semble que l'on ai enfin la possibilité d'exprimer le vrai fond de sa pensée - que l'on apprécie ou pas.

Quelques liens vidéos (ici et là)

shirushirumishiru

II- Un grand intérêt pour le voyage, lequel permet la mise en scène du japonais.

Le voyage avec ses à côtés (dont la découverte des spécialités locales ou le séjour au quotidien) fait partie des thèmes les plus porteurs des émissions de divertissement.  Son importance sur le petit écran, comparativement bien plus grande qu'en France, nécessite de s'y attarder.

Le traitement du sujet par contre, diffère selon le lieu de l'émission: le voyage local sera l'occasion de développer une connaissance topographique diffuse  du territoire (les lieux célèbres, les spécialités et usages locaux...) et sans doute de soutenir le tourisme.

Le voyage international cultivera une forme de découverte de la différence, non au travers de la recherche de points communs (dans nos différences, voici ce qui nous rapproche),  mais d'un exotisme irréductible (voici ce qui nous distingue et révèle notre identité - cela rassure).

Le déplacement à l'étranger participe aussi du voyage initiatique, lequel permet de redécouvrir et mettre en exergue les vertus de sa japonéité.

Le programme présenté ci-dessous est révélateur de ce type de traitement.

世界ウルルン滞在記 sekai ururun taizai ki :

Cette émission, d'une grande longévité, s'est finalement arrêtée en 2008. Elle reposait sur le principe suivant: l'envoi d'une personne connue dans un pays étranger pour aller vivre pendant une semaine avec une famille locale et apprendre quelque chose (fabriquer un meuble avec un designer français, faire du chocolat avec un artisan belge, vivre avec une tribu africaine, etc..). Ce programme offrait ainsi l'occasion de découvrir de l'intérieur le quotidien de gens différents et leurs savoirs faire.

Avant la fin de la période, la vedette tentait de mettre en pratique ce qu'elle avait appris, souvent en l'adaptant à sa japonéité (par exemple, lors de l'émission où le geinojin avait appris à faire des confitures avec une confiturière française célèbre - il avait utilisé des umeboshi, prunes salées pour ses confitures). Enfin, pour remercier ses hôtes, elle leur préparait un repas japonais avec des ingrédients apportés de là-bas.





笑ってコラえて!- Waratte koraete :


Emission de divertissement, Waratte koraete, adopte dans le voyage un comportement délibéré plus subtile (rubrique le voyage fléchette - darts no tabi) : tout ce qui dépasse Tokyo est de l'exotisme dont la différence peut susciter l'étonnement et un rire bon enfant. Ainsi, les régions reculées du Japon sont mises au même plan que les pays étrangers: un journaliste et une caméra sont envoyées dans ces "contrées très lointaines" avec l'objectif d'interroger ses habitants "qu'est ce que vous faites, quelle est votre occupation, etc..." ou de les suivre dans leurs activités.



mercredi 8 juillet 2009

Mise en lumière : Lupin le troisième

Arsène Lupin - le gentleman cambrioleur - est un personnage de fiction inventé par l'écrivain Maurice Leblanc (1864-1941). Séducteur mais faillible, hésitant entre aristocratie et plèbe...

Lupin dit le 3e ("lupin san sei"), car petit fils d'Arsène Lupin, est une invention de l'auteur de mangas Kazuhiko Kato sous le pseudonyme de Monkey Punch. Ses aventures furent relatées pour la première fois dans la revue "Manga Action Weekly" entre 1967 et 1969 (94 numéros).

Le succès de la série permis ensuite le développement de ses aventures en animation (TV, AOV, cinéma), notamment dans trois séries télévisées :
- Série 1 de 1971 à 1972 (23 épisodes);
- série 2 de 1977 à 1980 (155 épisodes);
- série 3 de 1984 à 1985 (50 épisodes).

La deuxième série de Lupin le troisième fut partiellement diffusée en France à la télévision sous le titre "Edgard de la cambriole (sic)" ou "Edgard détective voleur (sic)", pour des raisons de droits d'auteur avec les descendants de Maurice Leblanc.

Cette diffusion tronquée (52 épisodes sur les 155 de la série n°2)  et son adaptation (les noms ridicules dont sont affublés certains personnages comme "goemon yakitori", le casting des voix et les expressions utilisées par les personnages) ne rendent pas justice à une excellent série, laquelle constitue un formidable hommage à l'oeuvre de Leblanc.

La première série est sans doute un peu plus proche du manga et un peu plus sérieuse, nostalgique. La seconde semble plus équilibrée. La 3e série est beaucoup moins réussie, avec un côté plus cartoon. Penchons nous un peu plus sur cet univers.
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Lupin le IIIe possède quelques points communs avec son "ancêtre": c'est un voleur qui ne s'en prend qu'aux riches (ou banques bien pourvues), possède une certaine classe et un bon cœur.

Il est par contre un peu moins séducteur que dragueur, et certainement moins doué qu'Arsène dans le domaine. L'univers de Lupin le IIIe possède en fait un soupçon de sensualité qui rajoute un peu de piquant et évite l'infantilisme de certaines séries.

Le héro échoue également dans certaines de ses entreprises de "dépossessions" d'autrui mais fait contre mauvaise fortune bon cœur.

D'autres éléments font un peu penser à James Bond ou Fantomas: il voyage à travers le monde et utilise moult déguisements ou gadgets pour arriver à ses fins tout en faisant face à ses divers ennemis.

L'ambiance qui se dégage de cet univers est servie par la musique extraordinaire d'ÔNO Yûji (son site officiel ici), aux influences jazzy, à (re) découvrir sur youtube.
"super hero":

 

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L'un des éléments de son succès est l'équilibre procuré dans la narration par les personnages récurrents de la série car Lupin n'est pas un héro solitaire (et cela offre la possibilité au spectateur de s'identifier à des personnages bien différents).

Jigen: le garde du corps et ami de toujours, est le tireur d'élite. Chapeau vissé sur le crâne et barbe mal taillée, assez laconique. Il apporte sans doute une couleur américaine de roman noir, assez bluesy.

Goemon: le samouraï japonais, ronin au sabre forgé dans un métal incassable (lequel peut découper toute sorte de métal). Dans la première série il constitue un adversaire (non un ennemi), mais sa position va évoluer à partir de la 2e série. Il constitue un contrepoint moral en réprouvant certaines manières de faire et représente la tradition japonaise. Ce qu'il apporte dans la série est une sorte de nostalgie du passé japonais, assez romanesque.

Fujiko: l'aventurière, voleuse professionnelle et souvent rivale de Lupin. Ses relations avec Lupin, qui l'idolâtre, sont un peu troubles. Une belle femme aux formes généreuses. Elle est passée maître dans l'art du déguisement. Elle apporte une touche féminine et une forme de sensualité, l'éros de  la série (la voix sensuelle est parfaite pour ce rôle).

Zenigata keibu (l'inspecteur Zenigata): "némézis" de Lupin, il lui colle systématiquement aux basques. Au début il travaille pour la police japonaise mais est ensuite affecté à interpol avec la mission exclusive de pourchasser lupin dans le monde entier. Infatigable dans sa traque du voleur, son courage et sa volonté inébranlable compensent son manque de subtilité. Habillé d'un pardessus fatigué. Sa fonction dans la série est de procurer un adversaire tenace mais sympathique de Lupin.

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L'image déformée que véhicule le manga japonais en France et ses déclinaisons animées est en partie due à une traduction ou adaptation laissant parfois désirer. Cet article est un occasion pour partager un coup de coeur sur une oeuvre bien plus intéressante que sa traduction partielle actuelle.

Lupin le troisième est ainsi une oeuvre qui mériterait d'être redécouverte par le biais de la traduction des mangas originaux de Monkey Punch et une nouvelle adaptation de ses déclinaisons animées (je pencherais plutôt sur un sous-titrage de qualité qu'un doublage qui nécessiterait de porter une grande attention aux voix des personnages), notamment la première (non encore traduite) et deuxième série TV. Ces traductions se devraient de respecter les noms originaux.

A noter "le Château de Cagliostro", film d'animation de Hayao Miyazaki sur Lupin III sei. Ce film a été diffusé il y a quelques années dans l'étrange festival et comporte trois versions doublées.

vendredi 1 mai 2009

Les ramens...

Un ramen, qu'est-ce que c'est?

Les ramens (prononcer "laamen") sont des nouilles de blé d'origine chinoise (début du 20e siècle) et consommées principalement sous forme de soupe dans un bouillon de viande le plus souvent ("soup") et  auquel est rajouté un assaisonnement ("aji") et des ingrédients divers ("gu").

# Le bouillon (soup) :

Le bouillon est souvent préparé à base de volaille (tori gara soup) ou de porc (tonkotsu soup). Il existe des versions au Japon au bouillon de poisson.

# l'assaisonnement du bouillon: le goût (aji) :

Il existe 3 goûts (aji) de base pour assaisonner le bouillon: shoyu (sauce soja),  miso (pate de soja fermentée), shio (sel).

# Les ingrédients du ramen (gu) :

Ensuite des ingrédients divers sont ajoutés au bouillon dont les plus courants sont les émincés de poireaux japonais (negi), des pouces de bambou marinées (menma), des germes de soja (moyashi), des tranches de porc marinées (chashu).

D'autres ingrédients peuvent être présents: des algues (wakame, nori), des œufs....

La composition des ingrédients donnera le type de ramens dégustés...
  • Shoyu ramen = bouillon + shoyu + ramen + divers ingrédients (chashu, menma, moyashi, negi)
  • Miso ramen = bouillon + miso + ramen + divers ingrédients (chashu, menma, moyashi, negi)
  • Shio  ramen = bouillon + shio + ramen + divers ingrédients (chashu, menma, moyashi, negi)
  • Sapporo ramen/miso butter ramen = bouillon + miso + ramen + divers ingrédients (menma, moyashi, negi) + du mais et une noix de beurre
  • Chashu ramen = bouillon + shoyu + ramen + divers ingrédients (menma, moyashi, negi), dont du chashu en grande quantité (6 tranches au lieu de 2)
  • Kimuchi ramen = bouillon + shio + ramen + kimuchi + divers ingrédients (chashu, menma, moyashi, negi)
Pour en savoir plus :

Cinéma : Le film "Tampopo"(1985) dans le cadre d'un restaurant de ramens, un chef d'oeuvre du très regretté Juzo Itami (1933-1997).

Le Musée des ramens au Japon :

Un musée très intéressant dont les liens ci-dessous montrent quelques photos:
- l'article sur wikipédia (GB);
- le site du Musée des ramens (JP mais existe des pages en GB).

Site internet : Page française du magazine Nipponia.

samedi 17 janvier 2009

Petite analyse sur la TV japonaise

 Le petit écran, capable du pire comme du meilleur, reste un miroir de nos sociétés qu'il est intéressant de mettre en lumière.

Aussi, qu'en est-il de la télévision japonaise? Au-delà du reflet déformant donné par nos médias français, penchons nous sur ses spécificités.

I- Une séparation entre chaines culturelles et chaines de divertissement

A l'instar de la France (F5 et Arte), le paysage audiovisuel japonais comporte une division entre un réseau de chaînes publiques orientées vers la culture et le savoir (les diverses déclinaisons de la NHK au Japon) et des chaînes commerciales (dont son grand représentant, Fuji TV).

Les chaînes publiques japonaise sont également financées par une redevance TV (explication de la NHK en français), laquelle semble être perçue avec une efficacité moindre qu'en France. Il ne semble pas rare de refuser de la payer (voir cette discussion).


II- la publicité: "le nerf de la guerre" des chaînes privées

Si les chaines publiques ne disposent pas de coupures publicitaires pendant leurs émissions (il faudrait vérifier si elles ne subsistent pas entre les différents programmes), les chaînes privées sont massivement envahies par les les entreprises qui financent ces programmes par le sponsoring ou la diffusion de spots publicitaires.

A- Des transitions réservées à l'annonce des sponsors

Si en France la publicité est précédée d'un écran intermédiaire, il n'en est rien au Japon: la rupture se fait sans transition et passe directement de l'émission à la plage de publicité.

Les seules "transitions" semblent être celles de présentation des sponsors de l'émission en question:
- une fois vers le milieux du programme (cette émission vous est présentée avec le soutien de [marque X] - koko made ha goran no sponsor no teikyo de okurishimasu [Marque X]);
- à la fin du programme (cette émission vous a été présentée avec le soutien de
[marque X] - kono bangumi ha goran no sponsor no teikyo de okurimashita [marque X]).
L'émission continue sa diffusion, mais le son est diminué avec la présentation par une voix des principaux sponsors (3,4) et l'affichage de la liste de la totalités des entreprises ayant parrainé ladite émission.

B- un accent mis sur la répétition

Une des caractéristiques intéressantes de la publicité japonaise est la répétition dans une même plage de pub du même spot ou de spots légèrement différents mais sur le même produits (l'un à la suite de l'autre ou en début et fin de plage).

Les sponsors sont d'ailleurs souvent présents dans la plage de publicité d'une émission qu'ils soutiennent (on peut penser à "inaka ni tomarou" et les camions Isuzu très présents dans la plage de pub... Isuzu étant l'un des sponsors du dit programme).

C- susciter l'attente et le désir

Avec ces nombreuses coupures il faut gérer l'attente et le désir du spectateur de voir la suite d'une émission, éviter qu'il ne décroche. La solution? Des courtes préview de ce qui l'attend après la coupure pub ou la coupure à un moment critique: l'apparition d'un invité, une explication attendue, etc... Ces scènes sont cachées d'une mosaïque ou d'un rond marqué du caractère "HI, hi(meru) - tenir secret"  (秘) à l'endroit stratégique...

D- des publicités sur l'alcool

L'industrie des boissons alcoolisées est un commerce sans doute trop important pour pouvoir se passer de ces annonceurs. Une mention, semble-t-il obligatoire,rappelle que l'alcool n'est consommable qu'à partir de 20 ans.

Par contre pas de publicité sur le tabac.

Un exemple de publicité pour le whisky Suntory avec l'actrice top modèle koyuki:



Tiens, cela me donne envie d'aller boire du Whisky...

III- Un paysage audiovisuel dominé par des émissions de divertissement et la présence des "talento"

Les émissions de divertissement sont fort nombreuses et connaissent une fortune diverse: les plus chanceuses pourront durer une bonne dizaine d'année, d'autres disparaîtrons au bout d'une saison.

Sans dresser un typologie exhaustive des thématiques de ces émissions, on relève en général: des jeux, des programmes quiz (apporter des connaissances sur des sujets plus ou moins triviaux: - les anciennes émissions trivia ou riyû aru taro), les voyages (l'ancienne émission ururun, hashire postman,etc...), la vie de japonais à l'étranger (nombreuses émissions: comment font-ils pour survivre hors du japon.), et le divertissement pur avec des comiques.

La particularité principale de ces émissions par rapport à la France est la présence de "talento", personnes de télévision, un peu touche à tout (un brin de comique, d'acteur ou de chanteur) qui fait office d'invité professionnel. Le talento possède un petit gimiq, une phrase à lui qui fait rire. Il est souvent venu à la télévision grâce à un sketch comique qu'il repasse en boucle. Sa longévité sera notamment fonction de sa personnalité plus que de ses réalisations.

Reprenons un extrait du texte de Xavier Guilbert de l'ancien site "karoshi reports" (n°67) pour mieux cerner le rôle du Talento:

Ils sont pourtant bien nombreux, les talento qui naviguent d'émission en talk-show, faisant parfois un petit détour par les écrans publicitaires. Au passage, ne vous laissez pas leurrer par cette appellation – le seul « talent » que l'on puisse leur reconnaître généralement, c'est d'être suffisamment télégéniques et drôles pour avoir le droit de revenir la semaine suivante. Pas vraiment acteurs (même s'il leur arrive de tourner dans un drama), rarement chanteurs (ce qui ne les empêche pas de pousser la chansonnette à l'occasion), parfois comiques ou piquants, ils font partie d'un petit monde doré, d'un Olympe où chacun rêve de se retrouver un jour. Certains sont là depuis une éternité et ne sont visiblement pas près de disparaître, alors que d'autres connaissent des carrières dignes d'une étoile filante.

Ces émissions sont produites dans un joyeux bordel:

Micro qui dépasse, reflet du caméraman, lequel pourra apparaître de nombreuses fois de façon fugitive à l'écran. L'approximation permet sans doute d'augmenter l'identification avec le talento, invité vedette qui pourrait... être nous. A ce propos reportez vous à l'article n°23 du karoshi reports, toujours d'actualité 10 ans après.

IV- Les téléséries locales ou "doramas", principales sources de fiction à la TV

La fiction locale à la TV japonaise  est bien plus présente qu'en France.

Bien qu'il existe des séries possédant une plus grande longévité (comme kita no kuni kara), les doramas sont en général caractérisés par un format de 9 à 12 épisodes par saison, chaque épisode durant 45-50 minutes en moyenne.

Si la série rencontre un petit succès, elle bénéficiera de 2 à 3 saisons supplémentaires (pas forcément consécutives), d'épisodes spéciaux (d'une durée plus longue), voir d'une consécration au cinéma (comme tokumei kakarichô, trick...).

Les doramas portent notamment sur la vie moderne, l'époque ancienne (jidaigeki), les histoire à suspense (policiers, romans noirs, etc...)...

Parmi les thèmes récurrents des doramas modernes , on peut noter: la vie scolaire (lycée, université), la vie en entreprise, les relations amoureuses, etc...


Il y a sans doute beaucoup à ajouter sur les caractéristiques de la TV japonaise (comme son rapport avec les pouvoirs en place ou son attitude face à la politique internationale, voir ici sur ce blog) .


Annexe:


La liste présentée ci-dessous comporte les principales chaînes à diffusion nationales de l'Archipel, toutes apparues (pour ce qui est de la diffusion TV) dans les années 50 (à comparer avec le nombre de chaînes françaises à cette époque). Elle ne prend pas en compte les chaînes à diffusion locale (tel que tokyo TV) ou web télé, etc.

* Fuji Television Network, dite "fuji TV" (フジテレビ) : Société créée en 1957 et premières diffusions en Mars 1959. Le siège se trouve à Odaiba. Fuji TV, chaîne à diffusion nationale, semble être le leader au Japon de la TV grand public et reste orientée dans les programmes de variété (67% des programmes sont des émissions de variété dans les plages horaires de "prime time" [19h-23h] selon une étude en septembre 2009 - sources site de la chaine).

* Asahi TV

* Tokyo Broadcasting System, ou "TBS": la radio est lancée en 1951 et les premières diffusions de la TV en avril 1955. Le siège se trouve à Akasaka.

* Nippon Television Network ou "nippon tv/NTV": Société créée en Octobre 1952 et premières diffusions en Août 1953. Le siège se trouve à shinbashi (Tokyo).

* Nihon Hôsô Kyôkai ou NHK:  la NHK est l'entreprise publique qui gère les télévisions et radios publiques japonaises. Les premières émissions de radio datent de 1925 et  les premières diffusions de TV en 1953. Elle comporte 5 chaînes de TV nationales et est diffusée à l'internationale (NHK world). 85% de la redevance assurerait son financement selon wikipédia.

5 chaînes:
NHK généraliste
NHK éducative
BS1 information & sport
BS 2 culture et divertissement
BS hi haute définition

PS: note cet article est basé sur ses impressions personnelles face à la TV japonaise et aux informations issues des sites des dites chaînes.

mercredi 27 août 2008

Les romans autobiographiques de Takeshi Kitano & Kitano par Kitano

Cet article sera consacré à une personnalité aux multiples talents que j'apprécie et aux ouvrages le concernant : Takeshi Kitano.

Takeshi Kitano est surtout connu en France en tant qu'acteur-réalisateur, mais sa créativité s'exerce également sur le petit écran nippon dans diverses émissions, du pur divertissement aux émissions documentaires et débats thématiques, mais toujours avec pour dénominateur commun une grande curiosité.

Il est également l'auteur d'ouvrages autobiographiques (pour lesquels il se murmure qu'il aurait bénéficié d'une assistance dans la rédaction, mais qu'importe) et s'est trouvé sujet d'un recueil d'entretiens avec Michel Temman.

Si les ouvrages autobiographiques ne rentreront pas au panthéon de la littérature pour leur style, leur simplicité sert le texte.

# La vie en gris rose



Quatrième de couverture = Takeshi Kitano. le réalisateur de Sonatine, Hana-bi et Kikujiro, raconte son enfance dans le Japon d'après-guerre. Une enfance en gris et rose, aux couleurs que son père, peintre en bâtiment, essayait sur la porte de la maison avant d'en couvrir les murs de ses clients. Kitano raconte les jouets, les objets, les fêtes, les rencontres de son enfance et ressuscite toute une époque dans un inventaire à la Pérec qui célèbre l'amitié et les jeux des gosses de pauvres, quand l'imagination et l'invention remplaçaient l'argent. Si c'est bien l'enfance qui détermine notre sensibilité d'adulte. alors la sienne a aussi les couleurs de son gobelet de cantine en bakélite rouge, des caramels aux prunes, des toupies beigoma à peine plus grosses que le pouce, des cerfs-volants ornés de guerriers du kabuki, de la chasse aux libellules, de son père brutal et ivrogne et de sa mère qui se battait en vain pour que son fils travaille en classe, alors que lui n'aurait jamais arrêté de jouer...

L'auteur relate son enfance d'après guerre entre un père peintre porté sur la boisson et une mère stricte qui prenait soin de ses enfants. Très intéressant si l'on est intrigué par une époque du Japon bien peu connue en France.


# Kikujiro to saki *



Dans "kikujiro et Saki" (respectivement le nom de son père et sa mère), l'auteur revient sur les figures parentales et ce qu'ils ont apporté à leurs enfants. Un bel hommage.

# Asakusa Kid



Quatrième de couverture = La vingtaine révolue, Takeshi Kitano, errant dans Tokyo, désoeuvré et nonchalant, décide un jour qu'il sera acteur comique. Pour y parvenir, une seule direction : Asakusa, le quartier des théâtres, des boîtes de strip-tease et des yakusas.
Dans l'une d'elles, Le Français, il est engagé comme garçon d'ascenseur. Il y rencontre l'acteur Senzaburo Fukami, qui deviendra son maître. Entre deux numéros d'effeuillage, Kitano joue ses premiers sketches comiques. Avec deux autres jeunes acteurs il découvre le style dialogué qui fera son succès, le manzaï, style qu'il marquera par ses outrances de langage, alors inimaginables au japon.

Les débuts de Kitano dans les cabarets d'Asakusa. Une période et un quartier de Tokyo à découvrir sous un autre jour.

# Kitano par Kitano



Présentation Editeur = " Je suis venu au cinéma un peu comme on vient au monde. Par hasard. " Takeshi Kitano, l'un des plus grands cinéastes japonais, se raconte dans cette autobiographie née de plusieurs années d'entretiens avec le journaliste français Michel Temman. Comment être à la fois un showman célèbre et un cinéaste exigeant ? Kitano n'en revient pas de sa " destinée ", lui l'autodidacte qui n'a jamais oublié ses origines modestes. Takeshi Kitano se souvient de sa jeunesse dans le Japon de l'après-guerre : une enfance interdite, une famille nombreuse entassée dans la misère d'un quartier populaire, la passion pour les sciences, ses rêves d'explorateur, les études qu'il poursuit, malgré la pauvreté, grâce à sa mère. Le père, enfin. " Je ne lui adressais jamais la parole. Lui ne me disait jamais rien. " Des sketchs provocateurs de son alter ego télévisé Beat Takeshi, au cinéma vu comme rédemption tardive : une esthétique de la violence, une musique envoûtante, des antihéros solitaires et torturés, deviennent ses marques de fabrique, comme dans Sonatine. Pour la première fois, Takeshi Kitano révèle dans cette autobiographie d'une étonnante vitalité son engagement humanitaire en Afrique autant que sa vision pessimiste du Japon, colonisé par l'Amérique et acculturé. Une vision très personnelle de la vie, entre acharnement au travail, bouddhisme zen et épicurisme.

Cet ouvrage est sans doute essentiel autant pour les fans que les curieux, dans la mesure où la découverte de sa personnalité met en lumière son œuvre cinématographique.

L'ouvrage intéressera aussi les personnes intriguées par la télévision japonaise.


* non traduit.

vendredi 9 mai 2008

L'eau: source fondamentale pour la cuisine japonaise

 L'eau, chose si insignifiante et si fondamentale dans toute cuisine, traverse son versant japonais : elle est d'importance pour la culture du riz, sa cuisson et la fabrication du saké.

I- L'eau

L'eau est un élément essentiel de la cuisine... auquel on ne fait pas souvent attention, mais elle a un impact certain sur le goût de vos préparations, notamment pour des plats "liquides" tel qu'une soupe miso.

Le point sur lequel il faut être vigilant est la dureté de l'eau, qui permet de caractériser sa minéralisation. Une eau à faible dureté (adaptée aux nourrissons) sera préférable pour la cuisson du riz et la préparation de soupes...

Comment choisir son eau ?

Cette information se trouve sur les étiquettes des eaux de source, sur une ligne intitulée "minéralisation totale (résidu sec) à 180°C:  X mg/L.".

L'eau de Volvic (130mg/L) reste un bon compromis, sinon toujours préférer les eaux à faible dureté (inférieure à 100) tel que:
- Mont Roucous (25 mg/L);
- MontCalm (32mg/L)

II- Le riz

1- Sa culture et son achat

Le riz (Oryza sativa) est une céréale, plante de la famille des graminées. Sa culture nécessite une forte quantité d'eau, amenée par de la pluie, une inondation (niveau de l'eau non contrôlé), une irrigation (niveau contrôlé). [1]

Il existerait plus de 130 000  variétés dans le monde, séparées en deux groupes :le riz indica (basmati, thaï...) nécessitant un climat plutôt tropical et le riz japonica (riz rond du risotto, riz japonais...) supportant des latitudes plus tempérées. [2]

Bien que sa consommation ai baissé, à l'instar du pain français, le riz garde une place essentielle au Japon.

Or, à moins de se faire livrer en direct de là-bas (ou en ramener dans ses valises), il reste difficile de trouver un bon "riz japonais" (riz rond de type "japonica") en France pour cuisiner les plats de l'archipel (les classiques maki, sushi, onigiri, donburi...).


    Où en trouver à Paris ?

- dans les épiceries japonaises (Kanae, Kyoko);
- dans les épiceries coréenne (kmart, euromart, ...);
- dans les supermarchés asiatiques (frêres tang, paris store);
- dans les supermarchés bio
- à l'épicerie du bon marché.

    Quelles sont les marque de riz adaptées à la cuisine japonaise ?


- SHINODE (hi no de):
Du riz d'origine italienne. Fait à Monferrat. Un riz "classique".
- MINORI SUSHI RICE:
Du riz d'origine espagnole. Un riz "tsuya" (lustré, poli).
- YUME NISHIKI:
Du riz d'origine italienne et exporté à partir de l'allemagne.
Un riz réputé. Comme du shinmai (nouveau riz), il comporte plus d'eau.
- le riz des magasins bio comme CELNAT

2- Sa cuisson

Deux moyens permettent d'arriver à la cuisson de ce que l'on appelle le riz à sushi (maki, sushi...): l'auto-cuiseur et, avec un peu de technique la simple casserole. Le riz doit se tenir sans être collant (comme un porridge).

Il est préférable de se procurer un auto-cuiseur de riz japonais (plus sophistiqué, pas facile à trouver) ou coréen et à la rigueur chinois (plus simple et facile à trouver).

Pour la technique de cuisson avec une casserole du riz japonais, il faut cuire le riz dans une quantité d'eau équivalente (après avoir fait bouillir rapidement, une cuisson à feu moyen doit épuiser l'eau).

Dans les deux cas, il sera nécessaire de laver son riz 2 à 3 fois pour enlever une partie de son amidon avant de le faire cuire.  Pour laver le riz, de l'eau filtrée (type brita) est préférable. Concernant l'eau de cuisson, une eau de source à faible dureté est conseillée.

III- Le saké

Le "vrai" saké, à ne pas confondre avec l'eau de vie chinoise (servie sous cette appelation dans les restaurants chinois), est un alcool de riz titrant de 14 à 17°C, produit de façon similaire à la bière.

Sa qualité dépend de trois éléments essentiels : le savoir faire du brasseur, la qualité du riz et celle de l'eau. Cette dernière reste donc essentielle.

La cave à saké - qui avait disparut quelques années - fut brièvement de retour à Paris, à la même adresse. 
Issé Workshop a une gamme de sakés assez étendue et son bistro "Izakaya Issé" permet d'en déguster au verre. Le Restaurant Saké bar aussi.
Les épiceries japonaises ou coréennes sont aussi des options pour s'en procurer.

A l'instar du vin blanc, le saké s'utilise dans la cuisine japonaise : il est donc toujours intéressant d'avoir une bouteille de qualité basique ou du "saké de cuisine", également vendu en épicerie.
Pour en commander sur internet :
Boutique du Saké Bar ;
 

Le saké, c'est bien connu, c'est la boisson des kappas:

Sur youtube, les publicités de la société Kizakura de Kyoto (pub ICI). Pour les lecteurs japonophones, leurs publicités sont disponibles sur leur site.


[1] wikipédia
[2] wasabi n°16

Maj/update: 20/09/2008;05/04/2009; 14/01/2010 (cave à saké fuji).

samedi 12 avril 2008

Ozu Yasujiro




Parler de ses goûts reste un exercice malaisé: il est plus facile décrire ce que l'on n'aime pas, d'exposer là où ça fait mal.

Et pourtant, je vais tenter de vous présenter un cinéaste que j'adore: "Yasujiro Ozu".

Pour être un réalisateur d'après guerre (la plus part de ses films connus sont tournés entre 1947-1962), il est bien moins connu que des Takeshi Kitano ou Kurosawa Kiyoshi.

Pourquoi reste-t-il un de mes réalisateurs préférés? La réponse n'est pas évidente: toutes les œuvres visionnées comportent une certaine sérénité, douceur, malgré les péripéties des scénarios. C’est une bouffée d’oxygène contemplative dans un monde de films d’actions à tendance hollywoodienne.

Ces films parlent de thèmes similaires que sont le destin de la famille japonaise  face aux changements de la société (modernité, départ de la fille qui va se marier, etc...), ou bien les difficultés des relations entre les générations. Cependant leur portée universelle permet de toucher les spectateurs de tous les pays.


Les intrigues des scénarios ne sont pas très complexes mais la richesse de ses films tient dans la complexité  des relations humaines.

Celles-ci ont été mises en valeur avec d'excellents acteurs travaillant habituellement avec Ozu: du grand Chishu Ryu à l'extraordinaire Setsuko Hara, surnommée "la greta Garbo du Japon" par le critique Donald Richie...

J'aime également la façon originale de filmer d'Ozu, que l'on a parfois appelé le "plan tatami" : la caméra se positionne au plus prêt du sol, là où beaucoup de choses se passent dans une pièce japonaise (une table basse sur un tatami, le personnage s'assoit sur un coussin...) et ainsi se rapproche de l'acteur qui joue tout sur l'émotion.


L'une des conséquences de cette caméra rapprochée, est qu'elle ne prend pas 2 personnes qui discutent en même temps (comme la mère et la fille dans 秋日和), mais se pose sur l'une après l'autre, selon la conversation. Cela la rend plus intime.


Une sélection de films à regarder :

- Le goût du riz au thé vert (お茶漬の味);
- Voyage à Tokyo (東京物語);
- Bonjour (お早う);
- Fin d'automne (秋日和);
- Le goût du Saké (秋刀魚の味).


Mini Quizz :

(1) Quel est le premier film en couleur tourné par Ozu:
A- Bonjour
B- Voyage à Tokyo
C- Le goût du Saké
D- Fleur d’équinoxe

(2) Quel réalisateur occidental a réalisé un film/documentaire sur Ozu?
A- Paul Schrader
B- Wim Wenders
C- Sofia Coppola
D- Rob Marshall

(3) Yoshida Kiju, auteur d'une biographie d'Ozu, qualifie son œuvre d'"anti-cinéma". Pourquoi?
A- un scénario simple avec peu d'action
B- une lenteur de vue de la caméra
C- la subversion des conventions (prise de vue, jeu d'acteurs, montage)

(4) Quel film n'est pas d'Ozu
A- Gosses de Tokyo
B- Où sont les rêves de jeunesse?
C- Le sabre de pénitence
D- Histoires d'herbes flottantes
E- Nuages d'été

Bonnes réponses en commentaire.