dimanche 8 mars 2020

Film Susume ! Jaguars Tekizen Jôriku (1968)



The jaguar's (ザ  ジャガーズ), est un groupe japonais des années 1964 à 1971* de la mouvance des "group sounds", dont j'ai déjà parlé dans un autre microblogue (des groupes d'abord influencés par la pop britannique, dont les Beatles). Au sommet de leur gloire, les Jaguar's auront l'honneur d'avoir leur propre film, curiosité récupérée du Japon par un ami - et que je salue -, "Susume ! Jaguars Tekizen Jôriku" (traduction rapide : En avant ! Les Jagars au débarquement face à l'ennemi).

Croisement entre un film d'espionnage et une comédie potache nanardisante, cet ovni cinématographique a pour objet de mettre en valeur le groupe par une série de clips pops psychédéliques, des couleurs saturés, des jolies femmes en bikinis. Sinon ne cherchez pas vraiment de scénario.

Alors pour qui ? Pour les amateurs de la pop de l'époque, des group sounds...

Pour un aperçu, le trailer  d'époque :



A noter la présence de NAKAMURA Akiko (chanteuse, actrice) dans le film :




(ICI AUSSI)

*il connaîtra ensuite un revival entre 1981 et 2009

mardi 18 février 2020

Chroniques flashs de visions anciennes : décembre 2019 et janvier 2020

La vie est un flash, et certaines chroniques le sont aussi....


La fatigue (en raison de déménagements, grèves et autres joies de la vie) me pousse souvent à être un spectateur ou lecteur plus passif, à l'exception d'un recueil de nouvelles d'Akutagawa Ryunosuke (difficile à chroniquer par manque de recul, car lu en japonais).

Donc j'ai visionné une tonne d'animes d'Isekai, surtout, presque tous issus de lights novels japonaises, parfois pas très brillantes... Mais avant tout un mot sur un "thème" souvent fréquent dans certains de ces animes, c'est la figure de l'esclave (dorei) consentant, un phénomène que je ne goûte guère, mais au delà de cela :



Sorcerous Stabber Orphen (la fantasy non isekai) : Je n'ai pas pu dépasser le premier épisode. De la fantasy comme on n'en fait plus, rappelant les années 90, que cela soit au niveau des dialogues, de l'histoire d'exposition, des réactions des personnages et de leur nom, du graphisme de l'animation... Note : F.



How not to summon a Demon Lord : isekai avec un otaku gamer de MMORPG asocial qui se retrouve invoqué dans le monde de son jeu (avec des différences). Se prénommant lui même le roi des démons, il va devoir faire face au vrai roi des démons, dont une prophétie annonce le retour. Quelques touches d'humours dans cet univers où un otaku qui devient littéralement son idéal... Doit affronter les relations humaines... Et se retrouve à devoir endosser "son rôle". Malgré une idée originale pour le pitch, des longueurs et parfois de l'ennui. Encore un peu plus d'efforts et cela aurait été pas mal. Note : C+.



Demon Lord Retry : Le même que ... Mais en moins bien avec plus de longueurs (notamment les périodes de gestions, "farming" de ressources).  Ce qui est amusant, c'est l'apparence du héros dans le jeu (celle d'un yakuza des années 80-90). Note : C-.



Cautious Hero : La vraie surprise humoristique du lot, avec un titre à rallonge comme beaucoup d'animes issus de light novels : この勇者が俺TUEEEくせに慎重すぎる, Kono yūsha ga ore tsuē kuse ni shinchō sugiru?, litt. « Ce héros est surpuissant mais beaucoup trop prudent ».

Les dieux invoquent des héros venant de planètes de tout l'univers pour les envoyer lutter contre des démons qui menacent d'autres planètes. Les héros sont propulsés dans des univers de fantasy et ont la capacité de leveler comme dans un role playing game en ligne.

Les problèmes de Ristarte (et les rires des spectateurs), déesse débutante, commencent alors qu'elle invoque un japonais, Seiya Ryuuguin, comme héros alors qu'il est très capable mais incroyable prudent, paranoïaque même, pour accomplir cette quête. Note : B.



The rising of the shield Hero : Sans doute la meilleure découverte des isekai (malgré le bémol de ci-dessus), pour le choix fait par l'auteur de faire suivre un vrai chemin de croix au héros, Naofumi Iwatani, lui en faire baver, lui donner des choix ardus et une vie à la dure, le rendre aigri, soumis à un pouvoir compliqué, pour l'amener aux portes de ce qui forme et constitue un héros.

Naofumi Iwatani a été invoqué dans un monde parallèle avec trois autres personnes originaires de Japons parallèles pour devenir les héros de ce monde. Chacun des héros était équipé de son propre équipement légendaire lors de leur invocation. Naofumi a reçu le « Bouclier légendaire », le seul équipement défensif, tandis que les autres ont reçu des armes offensives.

Par manque de charisme, d'expérience de ce nouveau monde, il est victime d'une machination et trahi.

Chassé par tout le monde, du roi aux paysans, les pensées de Naofumi ne sont alors plus remplies que de vengeance et de haine. Ainsi commence son périple dans ce monde parallèle où il devra progresser seul…

Héros amer et sur le fil du rasoir par moment, il se fera quelques compagnons dont Raphtalia, qui sera pour Naofumi son épée tandis qu'il portera de le bouclier. Leurs relations évolueront en profondeur.

The Rising of the shield hero, c'est aussi une série sur l'histoire de la réhabilitation d'un héros, sur sa lutte contre son amertume et ses sentiments négatifs...

Note : B+, en attendant de voir comment évoluera l'univers.

HORS DES ISEKAI :



Goblin Slayer est un light novel, un manga et un anime de fantasy classique, inspiré des jeux de rôles (principalement en ligne) avec une proposition scénaristique intéressante. Le héros est un humain totalement obsédé par la destruction des goblins, traditionnellement du menu fretin, mais très dangereux lorsqu'ils sont présents en masse et mortels tant pour les aventuriers débutants que les villages sans défenses. 

J'ai commencé ma découverte de l'oeuvre par le manga qui réussit avec brio, avec le jeu du noir et blanc, du traitement de la lumière dans des milieux confinés, à reproduire la tension, le sentiment d'oppression et l'effroi que devraient ressentir ceux qui sont face à ces créatures qui pullulent dans les tunnels ou ailleurs.

L'apparence du héros suscite d'abord un sentiment d'étrangeté et de suspension de crédulité du lecteur en étant toujours engoncé dans son armure avec pour argument qu'il faut toujours se tenir prêt, même quand il vient en ville à la guilde des aventuriers chercher une quête en rapport avec les peaux vertes.

C'est que quelque part son obsession devient cette armure. Si bien qu'au cours de l'histoire, lorsqu'il viendra à visage découvert chercher une nouvelle armure pour remplacer l'ancienne, bien peu seront capable de le reconnaître,ainsi du lecteur qui ne verra pas son visage avant un de longs épisodes - moment où il laissera apparaître l'homme derrière son obsession.

L'anime est sans doute un cran en dessous du manga quant à la retranscription de ces combats, de la psychologie des personnages et des enjeux de l'histoire même s'il ne démérite pas un regard. 

Pour l'instant : Manga A ; Anime B+



dimanche 2 février 2020

Animé Holmes of Kyoto (2018)

Holmes of Kyoto
(京都寺町三条のホームズ, Kyōto Teramachi Sanjō no Hōmuzu)
Série animée de 12 épisodes (2018)
Adapté de Lights Novels de Mai Mochizuki

Holmes of Kyoto, inspirée par le célèbre détective Sherlock Holmes, sera une bonne surprise pour un amateur des detective Novels de Conan Doyle.

Pour certaines raisons Aoi Mashiro, jeune lycéenne, hésite à vendre des rouleaux d'estampes apparemment  antiques de son grand-père et rentre dans le magasin d'antiquités "Kura" à Kyoto pour les faire évaluer. Elle sera accueillie par un jeune commissaire priseur, Kiyotaka Yagashira , petit fils du propriétaire de ce magasin, lequel est connu dans ce quartier de Kyoto, autant pour ses compétences sur les antiquités que pour ses qualités dans l'analyse déductive chère au célèbre détective de 21 Baker Street.

Le talent de l'auteur du matériel originel Mai Mochizuki, est d'avoir su établir le déroulement de ses intrigues dans la ville de tradition nippone par excellence, et de les faire tourner (le plus souvent) autour de l'analyse d’œuvres et de leur sens, de la question de leur authenticité. 

Tout cela en prenant comme moteur la passion japonaise pour le kottôhin  (こっとうひん - 骨董品), traduction littérale pour antiquités. Le Japon a en effet un rapport particulier avec les choses anciennes, et - s'il fait moins cas de la conservation des immeubles (qui avec les tremblements de terre sont traditionnellement moins protégés), apporte un soin particulier aux objets (ie biens mobiliers corporels anciens) et à leur transmission.

Avec une légère digression supplémentaire, le Japon a développé ainsi une technique particulière de réparation de porcelaines ou céramiques le Kintsugi (金継ぎ).


Cette transmission suscite certaines passions comme une émission japonaise Kaiun ! nandemo  kantei dan (開運!なんでも鑑定団 -かいうん!なんでもかんていだん) qui fascine les téléspectateurs, et où des gens peuvent venir faire expertiser leurs objets de valeurs par des spécialistes reconnus, ou comme la dépense par certaines personnes de l'argent de leur retraite pour certains de ces objets (avec des ambitions de posséder du beau et de se constituer un patrimoine)... Qui peuvent se révéler être faux ou des reproductions (parfois anciennes) mais de moins bonne qualité que celle affirmée lors de la vente. Il y aurait en effet pas mal d'escroqueries autour.

Cette parenthèse mise de côté, l'oeuvre réussit à dépeindre un "Holmes" pétrit des bonnes manières de Kyoto, utilisant une méthode analytique des faits, interprétés par ses connaissances, mais se laissant parfois aller à une analyse psychologique d'antagonistes que ne renierait pas Hercule Poirot, peut-être.


Les intrigues présentées s'insèrent ainsi parfaitement dans l'ancienne capitale japonaise et ses traditions anciennes, amenant à concevoir cette ville comme un personnage à part entière. Dépassant le cadre des spécialistes d'objets anciens, l'auteur amènera, dans une forme d'hommage ou clin d'oeil, son héros à faire une incursion dans le detective novel le plus classique.


Bien touchante et délicate est aussi l'évolution de la relation entre les deux héros, pour finir par un "tsuki ga kirei yo" ("La lune est belle"... Pour ceux qui se demandent le sens que peuvent cacher ces paroles...Une petite recherche sur internet...)


Toute aussi passionnante sera l'opposition récurrente entre deux forts caractères, notre Holmes Kyotoïte et son Moriarty local, en la personne d'Enshô, ancien moine Bouddhiste et copiste de génie.


dimanche 17 novembre 2019

Chroniques flashs de visions anciennes : novembre 2019

Parce que la vie n'est qu'un flash et certaines chroniques aussi.






kono oto tomare : Cet animé "tranche de vie", basé sur un manga, raconte l'histoire d'un club extrascolaire lycéen dédié au koto, un instrument à cordes japonais traditionnel. J'apprécie beaucoup ce genre d’œuvres qui parlent de la vie de tous les jours et nous font découvrir un aspect culturel du Japon parfois méconnu. Et cette série est bien réalisée, développant suffisamment le caractère de ses personnages et leurs relations pour que l'on y croit. Graphiquement le studio Platinium Vision, responsable de l'animation, nous offre quelques magnifiques moments mettant en scène les tourments de certains personnages, sans aller jusqu'au  génie de san gatsu no lion du studio Shaft. 



Isekai cheat magician : une série "isekai", c'est à dire 異世界 de 異 (i: différent, étrange) et 世界 (sekai: monde), que l'on pourrait traduire par "autre monde", est un sous-genre japonais de la fantasy où des individus de notre monde sont transportés dans un autre (un monde virtuel devenu réalité, ou pas...). La proposition de cet univers est de transporter deux héros du Japon dans un autre univers avec des pouvoirs de mages surpuissants dès le début, d'où le sens de "cheat magician". La saison 1 se laisse regarder, mais l'histoire est assez simple et un peu monotone sur cette partie.


jeudi 31 octobre 2019

Chroniques flashs de visions anciennes : octobre 2019 2/2

Parce que la vie et certaines chroniques ne sont que des flashs.




City hunter - Shinjuku private eyes  (2019) : 

Avec l'envie de me nettoyer les mirettes du film de Philippe Lacheau, je profitais d'un voyage au Japon en mars 2019 pour aller regarder le film d'animation toujours à l'affiche à Tokyo. Et ce fut une séance agréable, même jouissive, avec tout ce qu'il faut au minimum pour moderniser l'œuvre par rapport à l'époque actuelle, et une histoire en prise directe avec le monde actuel.

Sinon ce film avait tous les défauts et qualités de l'œuvre originale avec ses petits côtes irréalistes... Mais quelque part, ryo saeba est un super héros intemporel qui, malgré ses frasques apparentes, reste une sorte de chevalier servant dans une jungle urbaine.

Tout au plus pourra-t-on trouver superflue l'insertion des cat's eyes (une autre oeuvre du mangaka Tsukasa Hôjô), surtout destinée à satisfaire les fans sans pour autant servir le scénario.

lundi 28 octobre 2019

Chroniques flashs de visions anciennes octobre 2019 1/2

Parce que la vie et certaines chroniques ne sont que des flashs.







flavor of youth (2018) : 

Projet assez original, flavor of youth est une coproduction sino-japonaise, un animé omnibus, donc composé de 3 segments réalisés par des auteurs différents et dont les histoires se déroulent dans trois villes chinoises différentes. Ces histoires se rassemblent toutefois par leur thématique commune, les héros effectuant une sorte de retour dans leur passé, riche en interrogations sur leur présent et devenir. Dans tous les cas ces oeuvres, toucheront le spectateur par une tonalité douce amère des sentiments familiaux ou amoureux. Un bel animé.

My Hero academia S1, S2 et S3 (2016~) : 

Conseillé par un membre de ma famille, je me suis finalement laissé tenter par le visionnage de cette série, adaptée d'un manga, malgré une appétence moindre pour les super héros de comics. Bien m'en a pris. D'une part les scènes d'actions sont dynamiques. D'autre part, l'univers - qui évoque un peu la fantasy "Xanth"* de Piers Anthony -  où 80% de la population mondiale possède un pouvoir particulier (nommé alter) et de puissance variable selon les individus, est suffisamment détaillé et réfléchi pour intéresser. Et seules les personnes dotées d'un alter puissant peuvent devenir un super-héros luttant contre les super villains (après avoir passé un diplôme et en travaillant dans une agence). 

La force de cette histoire est justement de tenter d'envisager comme un whatif quelles seraient les conséquences sociétales de la présence de super héros, d'en envisager divers côtés "réalistes", mais passés au prisme du shonen nekketsu (un héro has-been qui finira par se dépasser et surmonter toutes ses épreuves).

A noter le début de la saison 4 sur ADN. [mise à jour : j'avais commencé la S4, mais j'ai peiné à continuer par lassitude. Je retenterai la suite une autre fois]




The promise neverland (2019) - S1 : 

Animé adapté d'un manga de Kaiu Shirai, The promise neverland est sans doute la dernière petite claque de mes visionnages, en développant avec une réalisation privilégiant le "show don't tell" et en maintenant un rythme et une tension particulière, assez souvent intériorisée, une histoire de fantastique contemporain. Nous découvrons l'horizon de cet univers avec les héros de l'histoire et souffrons avec eux...

Une saison 2 est prévue...



* Dans ce roman, presque tout le monde possède un pouvoir magique unique, du plus puissant au plus futile, même le plus incongru. Les rares personnes non dotées d'un pouvoir magique sont exilées de Xanth.

vendredi 30 août 2019

Tokyo vice de Jake Adelstein (VO 2009 - VF 2017)



Ecrit par Jake Adelstein, premier étranger -semble - t -il - à avoir été journaliste en langue japonaise dans  un grand quotidien nippon (le Yomiuri Shimbun), Tokyo Vice est un livre témoignage à mi chemin entre le roman et l'enquête journalistique, plongeant son lecteur dans le crime japonais et notamment la prostitution.

Dans un style assez percutant, il décrit son parcours, de sa réussite au concours d'entrée du Yomiuri, et de la couverture de faits divers régionaux à une enquête au long cours qui le mettra, ainsi que sa famille et ses proches, sérieusement en danger.

Livre fascinant à plus d'un titre, son contenu renseignera le lecteur intéressé par le fonctionnement de la presse japonaise, ses rapports avec la police dans le traitement des affaires criminelles et avec les Yakuzas et leurs activités pendant les années 90.

Sans complaisance envers lui même, le journaliste n'aura pas non plus épargné le lecteur que je suis, nécessitant parfois de faire des pauses dans la lecture car sans possibilité de distanciation comme dans le cas d'une oeuvre fictionnelle : si les noms ont été changés, et les sources du journaliste protégées dans la mesure du possible, il s'agit de vraies personnes dont la vie a été évoquée.

Non fiction plus grande que la réalité, ce livre sera à conseiller aux gens intéressés par le Japon, l'envers des sociétés, et le côté percutant des romans noirs.

A noter les magnifiques couvertures du livre broché ou du poche des éditions Marchialy qui nous ont offert cette traduction de l'américain.

Pour Aller plus loin, le lecteur pourra aller jeter un coup d'oeil à Yakuza - la mafia japonaise De David CAPLAN et Alec DUBRO aux éditions Picquier.

Ou à deux autres ouvrages de Jake Adelstein : Le dernier des Yakuzas et un livre sur les bit-coins.